Pourquoi penser à passer au sel pour votre piscine ?
Si vous lisez ces lignes, c’est que l’idée de remplacer le chlore par le sel vous trotte sérieusement dans la tête. Et vous avez raison de vous poser la question. J’ai accompagné pas mal de propriétaires de piscines dans cette transition au fil des années, et je peux vous le dire franchement : dans bien des cas, c’est un vrai saut de confort, tant pour la baignade que pour l’entretien.
Mais avant de plonger tête baissée, encore faut-il comprendre ce que change réellement le passage au sel, et si c’est adapté à votre piscine, votre budget et votre mode de vie. Je vais vous expliquer tout ça concrètement, sans jargon, et surtout avec le regard du bricoleur qui veut que ça marche — pas juste que ça ait l’air bien sur le papier.
Chlore vs sel : les différences à connaître
Commençons par une mise au point : passer au sel ne veut pas dire éliminer complètement le chlore. C’est souvent une confusion qu’on retrouve. En réalité, c’est une autre manière de produire du chlore, mais de façon plus douce et automatisée.
Le traitement au sel repose sur une réaction d’électrolyse : on ajoute du sel dans l’eau (à une concentration d’environ 4 g/L), et un électrolyseur installé sur le circuit hydraulique transforme le sel (NaCl) en hypochlorite de sodium — autrement dit, du chlore non stabilisé.
Donc oui, dans les faits, il y a toujours du chlore. Mais l’expérience utilisateur est bien différente :
- Moins d’odeur : terminé l’odeur tenace de chlore sur la peau et les maillots.
- Moins d’irritation cutanée ou oculaire : le chlore produit est moins agressif.
- Processus automatique : fini les galets à manipuler chaque semaine.
- Plus écologique : pas de stockage ni de transport de produits chimiques.
Et après 15 ans passés à entretenir différents bassins, je peux vous dire que le traitement au sel est incroyablement stable, surtout si on le combine avec une régulation automatique du pH. On y gagne clairement en tranquillité.
Quels sont les avantages réels du traitement au sel ?
Le plus gros avantage, selon moi, c’est vraiment la simplicité au quotidien. Une fois le système bien réglé, il ne vous reste plus grand-chose à faire en dehors des contrôles occasionnels et d’un bon entretien de l’électrolyseur.
Autre point important : l’aspect sensoriel de la baignade. Les nageurs aux peaux sensibles ou sujets aux allergies respiratoires apprécient tout particulièrement l’absence d’odeur marquée et le confort global de l’eau traitée au sel.
Du côté de la durabilité, un bon électrolyseur bien entretenu peut facilement tenir 7 à 10 ans — ce qui amortit bien l’investissement initial. Et via l’autoproduction du désinfectant, vous divisez drastiquement le recours aux produits chimiques industriels (galets, choc, etc.).
Enfin, pour ceux qui aiment avoir une piscine “propre techniquement”, le sel permet de maintenir un bon niveau d’hygiène sans avoir besoin de stabilisant (acide cyanurique), qui a tendance à s’accumuler et à poser problème à la longue.
Les inconvénients à connaître (car il y en a)
Tout n’est pas tout rose, évidemment. Voici ce qu’il faut anticiper avant de passer au sel :
- Cout de départ : Le prix d’un électrolyseur peut varier entre 600 et 2000 €, en fonction de la taille de la piscine et des options (régulation pH, inversion de polarité, etc.).
- Corrosion : Le sel peut être corrosif sur les pièces métalliques mal protégées, les margelles en pierre naturelle ou les équipements anciens. Il faut souvent adapter ou renforcer certaines parties (skimmers, pompe, etc.).
- Entretien régulier : La cellule d’électrolyse doit être détartrée plusieurs fois par saison, surtout si vous avez une eau calcaire. Un excès de calcaire peut nuire à la production de chlore.
- Eau trop douce, attention : En dessous de 15°C, l’électrolyse ralentit ou s’arrête. Cela demande parfois une désinfection complémentaire l’hiver si vous ne couvrez pas ou ne mettez pas la piscine en hivernage actif.
Donc oui, ça demande un petit investissement (en temps et en argent), mais dans la majorité des cas, ça se rentabilise assez vite — surtout pour ceux qui passent beaucoup de temps dans l’eau ou qui en ont marre des galets à manipuler chaque semaine.
Comment passer au sel étape par étape ?
Intéressé par le sel ? Voyons les étapes concrètes pour une transition en douceur. Pas besoin d’être un professionnel de la plomberie, mais mieux vaut quand même prendre son temps et être précis.
- 1. Vérifiez la compatibilité de votre installation actuelle : Regardez notamment la pompe de filtration, les joints, les buses de refoulement, les pièces métalliques (si présentes). Certaines vieilles installations peuvent mal supporter l’eau salée. Prévoir parfois quelques remplacements.
- 2. Choisissez le bon électrolyseur : Prenez un modèle adapté au volume d’eau (+10% de marge, c’est prudent), avec des fonctions pratiques comme l’auto-nettoyage. Si possible, optez pour un système avec régulation automatique de pH.
- 3. Installez l’électrolyseur : Il s’installe après le filtre, sur le circuit du retour vers le bassin. Veillez à bien suivre les consignes du fabricant (distance minimale, orientation, connexions électriques sécurisées…)
- 4. Ajoutez le sel : Comptez environ 4 kg de sel pur par m³ d’eau. Utilisez un sel spécial piscine (raffiné, sans additifs anti-mottants qui encrassent les cellules d’électrolyse).
- 5. Faites tourner et contrôlez : Laissez tourner la filtration pour bien homogénéiser le sel, puis démarrez la production de chlore. Vérifiez régulièrement les taux (chlore libre, pH), surtout au début.
Petite anecdote perso : la première année où j’ai installé une piscine au sel chez un client (un couple d’une soixantaine d’années fatigués de manipuler les galets), ils m’ont rappelé à la fin de l’été pour me dire que c’était « la première saison sans souci depuis dix ans ». Le genre de retour qui fait plaisir.
Et côté entretien, ça change quoi ?
En dehors de l’entretien classique de la piscine (nettoyage du bassin, vérification du niveau d’eau, etc.), le traitement au sel demande quelques gestes spécifiques :
- Détartrage de la cellule : Selon la dureté de votre eau, vérifiez tous les 2 à 3 mois et nettoyez avec une solution légèrement acide si besoin.
- Surveillance du pH : L’eau tend à devenir plus basique avec l’électrolyse, donc vous devrez ajuster le pH régulièrement, manuellement ou via une pompe automatique.
- Surveillance des taux de sel : Vérifiez au début de chaque saison. Un manque de sel = production de chlore inefficace. Un excès = risque de corrosion.
- Hivernage : En hiver, certains électrolyseurs s’arrêtent automatiquement sous 15°C. Pensez à les couper, rincer la cellule et couvrir votre piscine si vous l’hivernez à l’arrêt.
Quand est-ce que le sel ne vaut pas le coup ?
Tout le monde ne sera pas gagnant avec le sel. Si vous utilisez votre piscine seulement deux mois par an, ou si vous avez un très petit bassin gonflable, le jeu n’en vaut peut-être pas la chandelle. Pareil si vous êtes en bout de course avec une installation vieille de 30 ans qu’il faudrait remettre totalement à niveau.
Cela dit, pour une piscine familiale enterrée standard, utilisée régulièrement de mai à septembre, le passage au sel améliore nettement la qualité de l’eau et simplifie l’entretien sur le long terme.
Un dernier mot pour les indécis : pensez à votre rapport à votre piscine. Est-ce un plaisir ou une corvée ? Le traitement au sel, c’est avant tout pour ceux qui veulent se consacrer au plaisir sans s’encombrer tous les quatre matins d’un bidon de produits chimiques.
Et si vous vous lancez, faites-le sérieusement, mais sans crainte : bien maîtrisé, le sel, c’est proche du “zéro souci”. Et ça, quand on a une piscine, c’est le vrai luxe.
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