Pourquoi le backwash est essentiel pour votre filtre de piscine
Vous avez beau avoir le plus beau liner ou le plus performant des systèmes de chauffage, si votre filtre à sable est colmaté, votre eau sera trouble, stagnante… et franchement peu engageante. Le nettoyage par backwash – ou contre-lavage – est la clé pour garder un filtre opérationnel et une piscine limpide. Mais encore faut-il bien le faire.
Le backwash, c’est ce moment où on inverse la circulation de l’eau pour expulser toutes les impuretés coincées dans le média filtrant, généralement du sable (mais cela fonctionne aussi pour d’autres médias comme le verre ou la zéolite). Si vous ne le faites pas régulièrement – et surtout correctement –, les performances de filtration chutent, la pression monte, et à terme, cela peut endommager votre équipement.
Quand faut-il faire un backwash ? Les bons indicateurs
Plutôt que de le faire à l’aveugle, il faut s’en remettre à des indices fiables. Voici ceux que j’utilise chez moi – et chez tous mes clients depuis 15 ans :
- La pression augmente : Surveillez le manomètre. Une hausse de 0,5 bar par rapport à la pression nominale (celle indiquée juste après un backwash) est un signal clair.
- L’eau est moins limpide : Même si les produits désinfectants sont bien dosés, une eau qui perd en clarté est souvent le signe d’un filtre colmaté.
- Le débit diminue : Si le retour d’eau dans le bassin semble plus faible, c’est que quelque chose coince… souvent dans le filtre.
En moyenne, je recommande de faire un contre-lavage toutes les 2 à 4 semaines, mais cela dépend énormément de l’utilisation de la piscine, de la fréquentation, des pollens, feuilles et autres joyeusetés que mère Nature nous envoie.
Le matériel nécessaire pour un backwash sans accroc
Aucune truelle ou clef plate ici, mais il vous faut tout de même être bien équipé :
- Un système de filtration avec une vanne multivoie (position BACKWASH, RINSE, FILTER, etc.). La base.
- Un regard sur le manomètre. L’œil du maître, indispensable pour surveiller l’évolution de la pression.
- Un tuyau d’évacuation ou de vidange, connecté à la sortie d’eau sale du filtre, pour éviter d’inonder la plage de piscine.
Petite astuce de pro : installez une petite rallonge de tuyau transparente ou un bocal de contrôle sur la sortie d’eau du backwash. Cela permet de voir la qualité de l’eau évacuée. Quand elle devient claire, c’est bon.
Étapes détaillées pour un backwash impeccable
On ne passe pas en mode backwash n’importe comment. Une mauvaise manipulation de la vanne multivoie peut envoyer de la saleté dans le bassin ou créer des surpressions. Voici ma méthode éprouvée.
- Arrêter la pompe. Toujours, toujours, TOUJOURS couper la pompe avant de manipuler la vanne multivoie.
- Positionner la vanne sur BACKWASH. Cela inverse le flux d’eau dans le filtre.
- Relancer la pompe durant 2 à 3 minutes, ou jusqu’à ce que l’eau évacuée soit propre. Gardez un œil sur votre bocal de contrôle – ou sur l’eau qui sort si vous n’en avez pas.
- Couper la pompe à nouveau.
- Passer la vanne en mode RINSE (rinçage). Cela permet de remettre le sable bien en place, et surtout d’éviter que des particules sales ne reviennent dans la piscine.
- Relancer la pompe environ 1 minute sur RINSE.
- Arrêter une dernière fois la pompe, replacer la vanne sur FILTER, relancer la pompe et voilà !
Rien de sorcier, mais il faut être rigoureux. Certains de mes clients mettaient directement la vanne de BACKWASH à FILTER en marche, sans rinçage. Résultat : des saletés dans la piscine juste après un nettoyage. Frustrant, non ?
Erreurs fréquentes (et comment les éviter)
Voici les erreurs que je vois encore trop souvent, même chez des propriétaires expérimentés :
- Faire un backwash trop court. Si vous coupez la pompe trop vite, l’eau sale reste dans le média filtrant.
- Oublier le rinçage. On en a parlé, mais c’est crucial. RINSE n’est pas optionnel !
- Laisser la pompe tourner en changeant la vanne. C’est le plus gros risque de casse de la vanne multivoie.
- Faire le backwash trop souvent. Oui, c’est contre-intuitif. Un filtre légèrement encrassé retient mieux les fines particules. Si vous backwatchez tous les 3 jours “au cas où”, vous perdez en finesse de filtration.
Et après ? Penser à compléter le niveau d’eau
Un backwash peut générer une perte d’eau de 200 à 500 litres selon la durée et la taille du filtre. Si vous répétez l’opération sans y penser, le niveau d’eau du bassin peut baisser dangereusement, jusqu’à désamorcer la pompe. Je recommande systématiquement de jeter un œil au niveau d’eau et d’utiliser un tuyau d’appoint pour réajuster si besoin.
Petit rappel : l’eau doit toujours se situer entre les deux tiers du skimmer. Trop bas = air dans la pompe. Trop haut = mauvaise circulation.
Penser à l’entretien du filtre à sable
Le backwash est une étape d’entretien régulier, mais de temps en temps, il est bon de procéder à un nettoyage plus profond du filtre à sable :
- Une fois par saison : Utilisez un nettoyant filtre spécial pour dégraisser les médias filtrants, notamment si vous utilisez beaucoup de produits floculants.
- Tous les 5 à 7 ans : Changez le sable. Un sable usé devient compact, forme des blocs et bloque l’eau.
J’ai vu certains filtres qui avaient 10 ans sans changement de sable… Imaginez un aspirateur avec un sac jamais vidé. Même topo.
Backwash et environnement : optimiser la gestion de l’eau
On ne va pas se mentir, évacuer plusieurs centaines de litres d’eau chlorée dans la nature à chaque contre-lavage, ce n’est pas écolo. Quelques astuces pour limiter l’impact :
- Faire le backwash juste avant une pluviométrie prévue. Cela évite de devoir rajouter trop d’eau potable.
- Recycler l’eau si possible, via un système de stockage, une filtration secondaire ou un usage pour les plantes (après neutralisation du chlore).
Pour les plus pointus, il existe même des installations de filtration secondaire pour traiter l’eau de backwash (filtration à cartouches ou à charbon actif).
Le geste à ne pas oublier après chaque backwash : surveiller la pression
Une fois la vanne revenue en position FILTER et la filtration relancée, jetez un œil au manomètre. Notez la nouvelle pression de référence post-backwash sur une petite étiquette ou dans votre appli domotique si vous êtes connecté.
Pourquoi ? Parce que c’est votre nouveau point de repère pour le prochain nettoyage. Si la pression dépasse 0,5 bar de plus que cette valeur, c’est reparti pour un tour.
Certains constructeurs ajoutent un repère rotatif sur le manomètre pour indiquer la pression de référence. C’est un petit détail, mais très pratique.
Pour résumer… avec bon sens
Un rétro-lavage (backwash), c’est un geste simple, mais capital pour la longévité de votre système de filtration et la qualité de votre eau. Il suffit de rester méthodique, d’utiliser les bons indicateurs – pression, clarté de l’eau, débit – et de respecter religieusement l’ordre des étapes.
Comme souvent en entretien de piscine, ce sont les petits gestes réguliers qui font toute la différence. Un backwash bien fait, c’est moins de galères de traitement, une eau plus stable et un filtre qui dure plus longtemps.
Alors, quand avez-vous fait votre dernier backwash ? 😉

