Pourquoi le dosage de chlore est crucial dans un spa
Le spa, avec son eau chaude permanente et son environnement confiné, est un véritable nid à bactéries si l’entretien est négligé. Contrairement aux piscines, les spas ont un volume d’eau plus restreint, une température plus élevée, et une fréquence d’utilisation généralement plus intense. Résultat ? Le moindre déséquilibre chimique peut rapidement virer au cauchemar : eau trouble, odeur désagréable, irritations ou, pire, prolifération de micro-organismes indésirables.
Parmi les produits désinfectants disponibles, les pastilles de chlore restent une solution simple, économique et efficace pour garder une eau saine. Cependant, leur utilisation nécessite un minimum de rigueur. Quel dosage appliquer ? À quelle fréquence ? Et surtout, quels pièges faut-il éviter ? C’est ce que nous allons voir ensemble.
Comprendre le chlore et son rôle dans un spa
Le chlore est un désinfectant oxydant : il tue les bactéries, virus et champignons présents dans l’eau. Dans un spa, il est souvent utilisé sous forme de pastilles ou de granulés. Les pastilles ont l’avantage d’une diffusion lente et continue, rendant leur utilisation pratique pour les propriétaires souhaitant simplifier leur entretien hebdomadaire.
Mais attention : toutes les pastilles de chlore ne se valent pas. Celles utilisées pour les spas sont spécifiquement formulées pour les petits volumes. Ne vous amusez pas à jeter dedans un galet conçu pour une piscine de 50 m³ ! À coup sûr, vous allez surchlorer votre eau… et bonjour les irritations !
Combien de pastilles de chlore faut-il mettre dans un spa ?
Passons aux choses concrètes. Le bon dosage dépend du volume de votre spa. Voici une base de départ que j’utilise régulièrement lors de mes entretiens clients :
- Spa de 500 à 800 litres : 1 pastille de 20 g tous les 3 à 5 jours.
- Spa de 800 à 1200 litres : 1 à 2 pastilles de 20 g tous les 3 à 5 jours.
- Spa de plus de 1200 litres : 2 pastilles de 20 g ou plus, en fonction de la fréquentation et de la température.
Mais ce sont là des recommandations générales. Le plus fiable reste de mesurer régulièrement votre taux de chlore libre avec des bandelettes ou un photomètre. L’objectif est de maintenir une valeur comprise entre 1,5 et 3 mg/L.
Autrement dit : ce n’est pas le nombre de pastilles qui compte, mais le taux de chlore obtenu. Deux spas apparemment identiques peuvent avoir des besoins très différents, selon qu’ils sont installés en intérieur ou en extérieur, utilisés par une ou six personnes, ou si vous invitez tous les week-ends votre bande de copains amateurs de jacuzzi…
Fréquence d’ajout et bonnes pratiques
En général, on recommande d’ajouter des pastilles de chlore tous les 3 à 5 jours. Mais ce rythme dépend de plusieurs facteurs :
- La fréquence d’utilisation : plus votre spa est utilisé, plus la désinfection doit être régulière.
- La température de l’eau : elle accélère l’évaporation du chlore. À 38 °C, il s’épuise beaucoup plus vite qu’à 28 °C.
- Le pH de l’eau : un pH trop élevé ou trop bas réduit l’efficacité du chlore. Gardez-le entre 7,0 et 7,4.
Petite astuce que je recommande souvent à mes clients : faites un test d’eau rapide avec des bandelettes le matin, surtout après une journée où le spa a été très utilisé. Si le taux de chlore a chuté, ajustez immédiatement.
Distributeur flottant ou pastille dans le skimmer ?
C’est une question qu’on me pose presque à chaque intervention : « Est-ce que je peux simplement jeter la pastille dans l’eau ? »
Réponse courte : non.
La pastille de chlore ne doit jamais être déposée directement dans la cuve. Elle doit toujours être placée dans un distributeur flottant ou dans une cartouche prévue à cet effet (certains spas en sont équipés). Pourquoi ? Parce qu’en se dissolvant, elle libère localement beaucoup de chlore qui peut décolorer ou endommager la surface intérieure, surtout si votre cuve est acrylique.
Les erreurs à ne pas commettre avec les pastilles de chlore
Utiliser des pastilles de chlore semble simple. Pourtant, je vois encore souvent des propriétaires de spas faire les mêmes erreurs. Voici celles à éviter absolument :
- Surdoser en pensant que « plus il y en a, mieux c’est » : trop de chlore, c’est irritant, corrosif, et inefficace à long terme.
- Mélanger différents types de désinfectants : par exemple, ne jamais combiner chlore et brome dans le même spa — la réaction chimique peut être violente.
- Négliger le pH : sans un pH bien réglé, votre chlore perd son pouvoir désinfectant.
- Oublier d’enlever le distributeur flottant quand on entre dans le spa : c’est un réflexe à adopter, surtout si vous avez des enfants.
Mon expérience personnelle : un cas client révélateur
Je me souviens d’un client régulier à Toulouse, propriétaire d’un spa gonflable de 800 L. Il se plaignait constamment d’une eau trouble, malgré une chloration « régulière ». En creusant un peu, on s’est rendu compte qu’il changeait l’eau toutes les deux semaines, mais mettait spontanément trois galets de piscine à chaque remplissage. Résultat ? Un taux de chlore à plus de 10 mg/L, des parois abîmées, et un liner intérieurement « brûlé »…
Après mise en place d’un suivi hebdo simple (1 pastille de 20 g tous les quatre jours, pH ajusté tous les 3 jours, mesure rapide avec bandelettes), problème résolu en moins d’un mois. Comme quoi, mieux doser, c’est souvent mieux traiter.
Quand faut-il changer l’eau de son spa malgré un bon dosage ?
Le chlore ne peut pas tout régler. Avec le temps, l’eau de votre spa s’enrichit de bactéries mortes, de débris organiques, de résidus corporels (savons, crèmes…), qu’on appelle globalement des sous-produits de désinfection. Même avec un bon taux de chlore, ils finissent par saturer l’eau.
Un petit mémo utile :
- Pour un spa utilisé 2 à 3 fois par semaine : changez l’eau toutes les 4 à 6 semaines.
- Usage quotidien ou intense : toutes les 3 à 4 semaines.
C’est aussi à ce moment-là que je recommande de vérifier l’état des filtres, voire de les nettoyer en profondeur ou de les remplacer si nécessaire. Un filtre colmaté fait perdre toute efficacité au traitement chimique, même avec les meilleurs produits.
Et si vous êtes sensible au chlore ?
Certains utilisateurs se plaignent de picotements, d’irritations ou d’odeurs trop fortes. Ça peut effectivement arriver avec une mauvaise gestion du dosage. Avant de changer pour du brome ou de l’oxygène actif, testez d’abord ceci :
- Diminuez la concentration de chlore (vise plutôt 1,5 mg/L).
- Régulez parfaitement le pH (entre 7,0 et 7,2 pour une meilleure tolérance).
- Utilisez un stabilisant de chlore (si compatible avec votre spa) pour éviter les fluctuations brusques.
À noter : certains fabricants proposent des pastilles de chlore « à dissolution lente » spécifiquement formulées pour les utilisateurs sensibles. Ça peut vraiment changer l’expérience… et sauver vos moments détente.
En résumé : un bon dosage, c’est de la tranquillité
Gérer correctement le chlore dans un spa, ce n’est pas compliqué… à condition de respecter quelques règles simples : connaître le volume de votre spa, adapter les pastilles au besoin réel, bien contrôler les paramètres de l’eau (pH, chlore libre), et éviter le syndrome du « tout ou rien ».
Avec un peu d’habitude, vous allez vite prendre le pli. Et votre spa vous le rendra bien, en vous offrant une eau claire, saine et agréable au quotidien. Parce que oui, entretenir un spa ne devrait jamais être plus stressant que de s’y détendre, n’est-ce pas ?

